EMA = Education aux Médias Audiovisuels
Faire connaître notre opinion concernant les freins et les obstacles au développement de l'EMA, permettra, espérons le, de les lever plus rapidement. N'hésitez pas à nous faire part de vos avis et autres commentaires sur cette page, par e.mail à adeif.video@gmail.com .
Un préalable essentiel : la question des moyens et de la formation
L’un des piliers du développement de l’Éducation aux Médias et à l’Audiovisuel (EMA) repose sur la capacité des établissements scolaires et des structures éducatives à proposer des activités de façon régulière et autonome, sans dépendre systématiquement d'intervenants extérieurs. Par conséquent, le manque de budget pour faire appel à des intervenants spécialisés ne constitue pas le frein principal. En revanche, le manque de formation pratique des équipes enseignantes et d'animation limite considérablement la mise en œuvre d'activités régulières et de qualité.
Nos hypothèses : les obstacles classés par ordre d'importance
1. Une méconnaissance des enjeux éducatifs et sociétaux de l'EMA
Les bénéfices de l'EMA (développement du sens critique, éveil culturel, capacité d'expression) ainsi que les risques liés à son absence restent méconnus du grand public, des responsables éducatifs et des élus.
Problème de lisibilité : Les enjeux sont souvent expliqués de manière trop complexe ou peu accessible, en particulier pour les activités destinées au temps libre.
Expression par la vidéo sous-exploitée : Les enjeux de l'EMA ne se limitent pas uniquement au développement de l'esprit critique (un enjeu déjà essentiel), ils relèvent également de l'éveil de la capacité d'expression par l'image et par les médias (information, communication, création artistique...). En cela, on peut aussi regretter que l'outil vidéo ne soit pas davantage utilisé en temps scolaire comme en temps libre, surtout depuis 15 ans, alors que la grande majorité des ados disposent d'une caméra sur eux intégrée à leur smartphone !
2. Une méconnaissance des pédagogies mises en œuvre et encouragées
Quelles méthodes et quelles activités souhaitables répondent réellement aux enjeux ? L'EMA ne se réduit pas à des projets de réalisation vidéo (fiction, reportage, clip...), entreprises complexes et souvent difficiles. Elle englobe une multitude d'activités simples, rapides et immédiatement accessibles à tous les professionnels de l'éducation.
3. Une faible demande sociétale et une banalisation des usages
On observe une relative absence d'inquiétude chez de nombreux adultes face au temps croissant passé par les jeunes devant les écrans (TV, réseaux sociaux, jeux vidéo). Cette consommation est souvent perçue comme une norme inévitable (« Il faut bien vivre avec son temps »).
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Manque de recul : On observe une tendance à ne pas remettre en cause son mode de vie considéré comme conforme (par exemple, regarder la télévision est considéré comme naturel.
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Reproduction des habitudes : La consommation d'écrans tend à se transmettre par mimétisme d'une génération à l'autre.
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Manque de sollicitation : Très peu de parents demandent explicitement l'intégration d'ateliers d'EMA au sein des écoles, centres de loisirs, structures jeunesse, médiathèques ou cinémas.
4. Le retard d'adaptation des programmes scolaires
Bien que l'étude de l'image fixe soit présente dans les parcours pédagogiques, tout ce qui touche à l'image animée et aux médias audiovisuels reste encore trop marginal ou facultatif dans les programmes officiels.
5. Le manque de formations continues adaptées
Les formations destinées aux enseignants et aux animateurs sont rares, optionnelles et peu demandées. Pour être pleinement efficaces, ces formations doivent s'appuyer sur de la pratique concrète et s'adapter aux réalités professionnelles (effectifs de jeunes, effectifs d'encadrement, équipements, prérequis pédagogiques, etc.).
6. La rareté des métiers de l'image en milieu rural
Dans des départements comme le Loir-et-Cher, la rareté des métiers de l'audiovisuel* et des médias (concentrés dans les grandes métropoles et en Île-de-France) offre peu de modèles aux jeunes. L'absence d'un environnement familial ou territorial familier avec ces secteurs suscite plus rarement des vocations.
* employés de télévision, journalistes/reporters d'images (JRI), réalisateurs et techniciens de cinéma, etc.
7. Le manque de professionnels spécialisés et de structures associatives ou publiques dédiées
On constate un déficit d'intervenants travaillant à temps plein dans ce secteur, lié à la fois à un manque de candidats, à des contraintes budgétaires au sein du tissu associatif, et à une offre limitée de formations professionnalisantes. Ce constat est également corrélé à la faible demande sociétale (attentes des familles et des acteurs éducatifs).
8. Des enseignants sous contrainte de temps et de conditions de travail souvent difficiles
Parmi les différents freins au développement de l'EMA en temps scolaire, la lourdeur des programmes est sans doute le premier obstacle. Les conditions de travail réduisent également la marge d'initiative pour de nouveaux projets. Pourtant, des financements existent, notamment dans le cadre de l'Education Artistique et Culturelle (pass Culture), mais ils ne sont suffisamment saisis pour des activités d'EMA.
9. La confusion entre éducation au numérique et éducation aux médias
Les principaux objectifs de l'éducation au numérique : maîtrise des technologies et lutte contre l'illectronisme (par exemple le codage, la robotique), créativité et innovation (par exemple la création d'objets avec des machines outils), respect des principes et des lois d'éthique et de liberté numérique.
10. Les contraintes liées aux droits d'auteur
Les restrictions de réutilisation et de diffusion gratuite des œuvres audiovisuelles (TV, Web, DVD) constituent souvent un frein juridique pour les ateliers pratiques.
11. L'absence du secteur privé
Le secteur marchand ne s'empare pas de cette thématique : offre de formation privée quasi inexistante, très peu d'outils pédagogiques innovants édités (à l'image des tables Mashup ou des jeux interactifs développés par ADEIFvidéo) et quasi-absence de jeux vidéo éducatifs orientés vers l'univers des médias. A quand un simulateur de JT ou de gestion d'une chaîne de télévision ou d'un groupe médias !
12. Des projets parfois inadaptés et démotivants
Beaucoup de projets de réalisation entrepris en temps scolaire ou dans les structures d'accueil éducatif, sont trop ambitieux, trop longs, trop complexes, et sont programmés trop tôt dans les processus initiatique et créatif des participants. Souvent, il est demandé aux enfants ou aux jeunes d'imiter et de singer des techniciens, réalisateurs, journalistes, sans suffisamment leur permettre de comprendre leur travail, ni de pouvoir participer pleinement aux choix créatifs, ni de bénéficier d'un minium d'apprentissages techniques. Bref, des projets pouvant être finalement assez démotivants pour ses organisateurs et ses participants.
13. Des équipements matériels inégaux
Si les collèges et lycées disposent généralement d'équipements, les écoles primaires et les structures enfance/jeunesse manquent souvent du matériel de base.
Conseil matériel : Un ordinateur performant associé à un logiciel de montage intuitif est indispensable (évitez les outils obsolètes comme Windows Movie Maker). Pour la prise de vue, privilégiez un caméscope simple équipé d'un trépied et de batteries supplémentaires plutôt que le seul usage du smartphone.
14. Un manque de mutualisation et de partage d'expériences
Il existe encore trop peu de synergies, de partage de ressources et de bilans pédagogiques détaillés rendus publics entre les différents acteurs du secteur, ce qui ralentit la diffusion des meilleures pratiques.