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Un contexte de plus en plus favorable au développement de l'EMA

Evolution des médias et de leurs usages depuis 20 ans

Notre état des lieux synthétique et partiel de l'EMA

L'avis du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE)

Etat des lieux de la formation à l'EMA sur le Loir-et-Cher

Une formation pédagogique nécessaire

Pratiques éducatives locales : de nombreuses difficultés repérées

 

 

Un contexte de plus en plus favorable au développement de l'EMA

 

En France, depuis 20 ans et surtout depuis 2015, l'évolution du contexte social, culturel et de la sphère médiatique appellent au développement de l'éducation aux médias en général, dont, entre autres, aux médias audiovisuels. Cependant, le caractère prioritaire de l'EMA ne semble pas suffisamment perçu et demeure confronté à de nombreux freins et obstacles. La formation est le premier levier, mais l'offre et la demande restent très insuffisantes au niveau local, comme national, en particulier pour le secteur de l'animation enfance/jeunesse.

 

Selon nous, les principaux facteurs favorisant le développement de l'EMA :

> Des évolutions technologiques majeures (web, réseaux sociaux, smarphones...), l'émergence rapide des GAFAM et plus généralement des médias numériques (donc audiovisuels), générant une révolution de notre environnement médiatique (production, diffusion, usages...), un accroissement massif des activités de communication et une transformation importante des modes de vie (comportements sociaux, vie économique et professionnelle, vie culturelle...).

> Un accroissement du temps pouvant être consacré au divertissement, au profil notamment des divertissements audiovisuels et numériques (télé, vidéo, communication, jeux vidéos, créations personnelles ou collectives....).

> Une baisse importante du coût des équipements audiovisuels et numériques (notamment pour le montage) générant une évolution des possibilités de création et de diffusion, avec leurs avantages (une certaine forme de démocratisation relative) et leurs inconvénients (théorie du complot, fake news, propagande, haine en ligne...).

> Des besoins d’éducation aux médias estimés et exprimés, surtout de la part de l'Etat, de certaines collectivités locales, et dans une moindre mesure de la population, même si dans tous les cas, ces besoins sont trop rarement suivi d'initiatives suffisantes. Leur amplification est  largement due à des préoccupations surtout préventives (lutte contre les usages déviants, la propagande et l'embrigadement idéologique, les théories du complot, les fake news, la défiance à l'égard du journalisme traditionnel, défense de la laïcité et de la démocratie, etc.).

> Renforcement de l'action du CLEMI, même si ces moyens trop limités font, ces dernières années, l'objet d'une polémique. La demande de formation des enseignants s'est fortement accrue, mais l'offre reste insuffisante.  

> Depuis 2018, le Ministère des affaires culturelles et les DRAC lancent des appel à projets de formation au niveau régional et national.

> Un développement des licences libres, plutôt lent, mais facilitant progressivement l'utilisation légale de vidéos et de musiques à des fins pédagogiques.

> Le concept d'éducation aux médias semble beaucoup mieux saisi par les professionnels de l'éducation (enseignement scolaire, animation, éducation spécialisée...), mais la conscience de son caractère prioritaire et la connaissance de ces principaux enjeux semblent plus incertains.

 

 

Evolution des médias et de leurs usages depuis 20 ans

 

Les médias sont devenus de plus en plus présents dans notre vie quotidienne, pour nous informer, nous divertir, nous instruire, nous cultiver. Ils influencent nos représentations, nos valeurs, nos croyances, nos comportements et nos modes de vie. Soumis aux lois du marché, ils sont en quête de rentabilité, de profit, se concurrencent et tentent alors de capter encore plus notre attention, de nous séduire, de nous fidéliser, au risque de plus ou moins dénaturer leurs missions initiales.

 

Les médias multiplient les innovations, les supports et les formats. Après la presse, le cinéma, la radio, la télévision, leur transformation et leur développement se sont accentués suite à l'émergence des technologies numériques, dont plus particulièrement le web et les réseaux sociaux. Le numérique amplifie et modifie nos usages, bouleverse notre accès aux savoirs, à la culture, à l'info et au divertissement. L'audience des médias audiovisuels est devenue largement prédominante, au détriment de la presse. Elle confère aux images une place centrale et de plus en plus forte.

 

L'évolution des médias multiplie et rend de plus en plus importantes de nombreuses questions de société comme le droit à l’information, le droit à la liberté d’expression, la responsabilité des propos, la multiplication des fake news, la propagande, l'influence des médias de masse, l'invasion publicitaire, le développement de l’esprit critique, l'exposition des mineurs à la pornographie, etc. Les usages médiatiques nécessitent de plus en plus un apprentissage, visant à rendre chacun capable de comprendre le fonctionnement des médias, de les utiliser de façon raisonnée et de s’en protéger.

 

 

Etat des lieux synthétique de l'EMA

 

Est-il possible d'établir un état des lieux réaliste, actualisé, précis et complet de l'EMA en France, concernant les actions destinées aux mineurs en temps scolaire et en temps libre, donc en excluant les études supérieures en audiovisuel, cinéma, communication et journalisme ?

 

Si on s'en tient à un état des lieux très concis, on peut aisément affirmer que l'éducation aux médias en général est très en retard en France et probablement partout ailleurs. Les activités éducatives et de sensibilisation ne sont pas assez nombreuses et régulières. Une des principales raisons de cet important retard est le manque de formation technique et surtout pédagogique des actrices et acteurs de l'éducation quelques soient les secteurs professionnels (Education Nationale, animation enfance/jeunesse, éducation spécialisée, personnel de bibliothèques et médiathèques). L’offre de formation pédagogique est particulièrement insuffisante et reste optionnelle.

 

Les personnes ayant suivi des études supérieures et autres formations qualifiantes dans le domaine de l'audiovisuel, le cinéma, la communication et le journalisme représentent une importante ressource pour des actions d'EMA auprès de mineurs, mais elles interviennent encore trop rarement. Par ailleurs, il nous semble indispensable qu'elles acquièrent préalablement des compétences éducatives et pédagogiques.

 

Depuis 20 ans que nous l'observons, l'éducation aux médias et plus particulièrement l'EMA ont évolué trop lentement. Beaucoup de communications, d'ambitions, de préconisations, d'encouragements, mais peu d'activités ont été réellement et équitablement entreprises sur l'ensemble du pays. On constate aussi un manque d'auto-critique des politiques publiques, avec peut-être pour conséquence de leurrer la communauté éducative et la population sur leur efficacité.

 

Pour comprendre la situation, il suffit de demander régulièrement aux enfants aux jeunes quelles sont les activités d'EMA auxquelles ils ont participé depuis leur plus jeune âge, en temps scolaire et en temps libre, en précisant bien de quoi il est question et en donnant des exemples : analyse de l'image filmée, analyse de reportages, initiation à la prise de vues, au montage, aux techniques du journalisme audiovisuel, projet de réalisation, notions sur la propagande par l'audiovisuel, etc. Nous effectuons presque systématiquement ce sondage auprès des participant(e)s de nos ateliers. Les réponses sont généralement sans appel, ce qui ne signifie pas que les enfants et les jeunes n'aient acquis aucune connaissance et compétence, mais souvent celles-ci proviendront assez peu de leur scolarité et de leurs activités de temps libre dans des accueils éducatifs. Nous émettons l'hypothèse que leurs connaissances et compétences résulteront probablement surtout d'expériences, d'initiatives et de recherches d'informations individuelles et autonomes (notamment sur le web), mais aussi et surtout d'échanges entre proches, camarades et au sein de la famille.

 

En temps scolaire, l'éducation aux médias n'est pas une discipline à part entière. L'Education Nationale souhaite qu'elle reste une activité transversale, c'est-à-dire travaillée dans le cadre de différentes disciplines (français, histoire-géographie, économie, éducation civique...). De ce fait, selon nous, l'éducation aux médias a toujours été et demeure une activité éducative floue, diluée, diffuse, mal équipée et son impact très difficile à évaluer. Dans un contexte de classes et de programmes souvent surchargés, l'Education Nationale attend sans doute trop des enseignants, notamment des professeurs documentalistes, principaux référents en Education aux Médias et à l'Information (EMI), sans leur en donner réellement le temps et les moyens. Pour le temps libre (accueils éducatifs), nous observons le même manque de formation et de moyens. Les enjeux et leur importance sont rarement bien compris et concrètement intégrés dans les politiques éducatives, les objectifs et les activités habituelles.

 

Voilà pour l'état des lieux général tel que nous le percevons. Pour l'instant, nous n'avons pas connaissance de l'existence d'un état des lieux complet, actualisé et précis spécifique à l'EMA. Bien entendu, le réaliser réclame un travail très important de collecte d'informations et d'études statistiques. Une telle initiative n'est pas du tout à la portée de notre association, nous n'en avons ni les compétences, ni le temps, ni les moyens.

 

L'avis du CESE réalisé en 2019, intitulé "Les défis de l’éducation aux médias et à l’information" comporte un état des lieux de l'éducation aux médias apportant déjà de nombreuses données utiles et intéressantes (voir rubrique suivante). Toutefois, il mériterait quelques améliorations et compléments importants et l'EMA y est traitée très vaguement.

 

A quoi nous serait utile un état des lieux précis et actualisé de l'EMA ?

  • durant nos formations, pouvoir transmettre des informations importantes relatives à l'EMA : les pratiques éducatives et les formations, les pédagogies les plus adaptées et ayant fait le plus leurs preuves, les projets les plus réussis, les actrices et acteurs de l'EMA, les politiques publiques et leur évaluation, les appels à projets et dispositifs de soutien de projets les plus intéressants et efficaces, etc.
  • mieux estimer les besoins de formation des professionnels de l'éducation (qu'ils soient exprimés ou non) ;
  • mieux connaître la place de l'éducation aux médias dans la hiérarchie des souhaits et besoins éducatifs exprimés par la population ;
  • pouvoir mieux positionner nos propres activités éducatives et de formation.

 

Des recommandations pédagogiques à profusion pour le temps scolaire

De nombreux documents accessibles sur le web expliquent ce qu'est l'éducation aux médias, avec des définitions souvent différentes et beaucoup de suggestions d'activités et de recommandations pédagogiques. Souvent, ces documents plutôt destinés aux enseignants, mériteraient une version adaptée au temps libre, notamment sous forme de tutoriels, plus simplifiée, plus accessible au plus grand nombre et autres professionnels de l'éducation, sans trop de théorie ni de longues explications, que ce soit pour les enjeux éducatifs, la nature des activités, les méthodes pour les mettre en œuvre et les animer. Ces guides pédagogiques doivent encourager, motiver, en précisant et en hiérarchisant les objectifs et les activités prioritaires.

 

 

 

 

L'avis du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE)

https://www.lecese.fr/travaux-publies/les-defis-de-l-education-aux-medi…

 

Les 19 préconisations de cet avis montre l'ampleur abyssal du travail à réaliser pour un développement national de l'EMI à la hauteur de ses enjeux. Nous partageons ses préconisations, mais 4 autres sont, selon nous, nécessaires :

  • rendre systématique la formation à l'EMI et à l'EMA dans la formation initiale des enseignants et des professionnels de l'animation enfance/ jeunesse ;
  • souligner le caractère prioritaire des activités d'EMA et les encourager (dommage que le terme "image" ne soit jamais utilisé dans ces préconisations, la place centrale des images est pourtant rappelée plusieurs fois dans la suite du document ) ;
  • encourager les investissements des établissements scolaires et d'accueil éducatif (conseils de références, prix préférentiels, subventions...) ;
  • réguler et améliorer beaucoup plus les contenus médiatiques, en particulier ceux destinés aux enfants et aux jeunes (qualité, diversité, valeurs éducatives...), réguler la publicité autour des programmes leur étant destinés, renforcer les interdictions d'accès à la pornographie par les mineurs (même si l'Etat tentera prochainement d'apporter des réponses, notamment en renforçant et faisant appliquer les lois existantes, cette dernière recommandation doit être rappelée).

 

Dans cet avis, le CESE ne distingue pas les pratiques éducatives et de formation relevant directement de l'EMA de celles plus générales de l'Education aux Médias et à l'Information (EMI). Les pratiques d'éducation à l'image n'y sont pas évoquées. Faut-il en déduire que le CESE considère implicitement qu'elles ne relèvent pas de l'éducation aux médias ? Au regard des transformations massives et rapides des usages médiatiques donnant très largement la préférence aux contenus audiovisuels, cette mise à l'écart est très étonnante et sans doute assez révélatrice des limites d'un classement strict des activités éducatives par genre. Depuis quelques années, la thématique "information" domine largement la sphère de l'éducation aux médias et l'avis du CESE n'échappe pas à cette tendance. Pourtant le divertissement a également toute son importance. Pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, l'exposition aux divertissements (fictions, sketchs de youtubeurs/beuses, jeux télé, jeux vidéo, etc.) est probablement plus importante que la consultation et le suivi de l'information, et joue tout autant sur leurs représentations, leur accès aux savoirs, leurs valeurs, leurs comportements et leur santé. Par ailleurs, leurs consommations de divertissement les exposent davantage à la publicité, autour et dans les contenus.

 

Dans son état des lieux, le CESE s'attarde plus particulièrement sur les politiques publiques mise en œuvre par différents ministères (9 pages). Il indique les initiatives et soutiens des collectivités locales et les nombreuses autres actions des secteurs associatifs et privés, mais avec beaucoup moins de précisions (seulement une page pour le secteur associatif !). Pourtant composé, entre autres, de représentants d'associations, le CESE semble avoir un peu vite traité le rôle des actions associatives pour l'éducation aux médias. Selon le CESE, pour les secteurs associatif et privé "il en résulte des interventions dont la qualité et l'ampleur peuvent être hétérogènes", ce que nous observons également et nous regrettons que soient aussi peu rendues publiques les évaluations et bilans précis de leurs actions, s'ils existent. Ils pourraient pourtant contribuer au développement de meilleures pratiques. Mais ces remarques sont également vraies pour ce que nous connaissons des actions des différents ministères. D'une part, les évaluations et bilans des politiques publiques sont rares (avis partagé par le CESE, page 61 de l'avis).  D'autre part, pour ce qui est spécifiquement de l'EMA, nous avons souvent remarqué des retards pédagogiques très importants dans les activités de l'Education Nationale  : thématique trop rarement travaillée en classe, compréhension insuffisante de l'importance des enjeux, rares connaissances pédagogiques et techniques, dépendance à des intervenants extérieurs...

 

L'EMA au sein de l'Education Nationale dépend certes du soutien du CLEMI, mais dépend sans doute tout autant, voire plus, de nombreuses associations. Les CEMEA et la Ligue de l'Enseignement sont plusieurs fois mentionnés dans cet avis, mais comment expliquer que ne le soient jamais, par exemple, Régie Mômes, Bandits mages, Sans Canal fixe, Médiapte, Fréquence école, Les Pieds dans le Paf, ADEIFvidéo, etc. ?

 

Le CESE distingue les politiques publiques de l'action associative. Cette distinction interroge, puisque ces politiques publiques reposent donc en large partie sur l'action des associations, dans le cadre de partenariats, d'appels à projets et de subventionnements. Pourtant, la liberté d'initiatives du secteur associatif lui confère un éveil, un dynamisme, une motivation et une réactivité propices à l'innovation pédagogique. Les associations œuvrant essentiellement pour l'éducation aux médias ne sont certes pas assez nombreuses, les militantes et militants de terrain semblent plutôt rares, mais l'existant doit être mieux valorisé, et peut-être mieux conseillé puisque pour cela, à la lecture des remarques du CESE, il semblerait exister des instances capables de juger de la qualité des actions entreprises. Nous aimerions tellement les rencontrer ! L'existant devrait être également mieux encouragé et mieux soutenu. Cette nécessaire attention ne peut se résumer par de seuls appels à projets.

 

Aussi, le CESE oubli de préciser le rôle important des Directions Départementales de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations (DDCSPP), autrefois DDJS. Bien avant la création du dispositif « Les promeneurs du Net », dont elles sont partenaires, les DDJS ont intégré l'éducation aux médias dans leurs politiques publiques et ont donné des moyens d'action à de nombreuses associations, notamment ADEIFvidéo. Pour les mêmes raisons, il faudrait également mentionner le FONJEP, dispositif de soutien au financement des emplois associatifs, dont nous bénéficions depuis 2016, sans lequel notre action éducative et de formation serait beaucoup plus réduite. Un des principaux avantages du partenariat avec la DDCSPP et le FONJEP est de pouvoir rencontrer régulièrement leurs référents locaux, de pouvoir échanger notamment sur des questions pédagogiques, d'être conseillé et de bénéficier de relais pour la communication de nos activités. Une attention et un soutien ne se limitant donc pas uniquement à des accords de subventions, ce qui est rare et précieux.

 

Notre association forme généreusement à l'esprit critique et vous pourrez juger que nous n'en sommes pas dépourvus. Mais une fois encore, cet avis du CESE est un document très utile et important que toutes les actrices et les acteurs de l'éducation aux médias, permanents ou occasionnels, devraient avoir lu.

 

 

 

 

Etat des lieux de la formation à l'EMA sur le Loir-et-Cher

 

Les particularités du Loir-et-Cher

Avec 331 000 habitants, le Loir-et-Cher est un département essentiellement rural et faiblement peuplé (72ème département sur 102 en nombre d'habitants). Il est au centre de la région Centre Val de Loire qui, depuis le redécoupage de 2015, est devenue la seconde région la moins peuplée de France métropolitaine après la Corse. Sa population est par exemple 8 fois moins peuplée que celle du département du Nord. Dans le Loir-et-Cher, le potentiel de professionnels de l'éducation pouvant participer à des formations est important (comme pour tous les départements), mais il est bien entendu beaucoup plus faible que dans les départements les plus peuplés de France (le Nord, Paris, les Bouches du Rhône, la Seine-St-Denis,etc.).

Cependant, le Loir-et-Cher présente d'assez bonnes prédispositions au développement de l'éducation aux médias audiovisuels :

  • présence de plusieurs organismes disposant de compétences et moyens adaptés (Ciclic, l'atelier Canopé 41, DLP, ADEIFvidéo) et sur la Région Centre Val de Loire (Régie Môme, Sans Canal Fixe, Bandit mages, Cent soleils...)
  • des collectivités locales ou services d'Etat décentralisés prêts à apporter leur soutien financier (DDCSPP, Conseil Départemental, plusieurs communes) auxquels s'ajoutent les soutiens directs de la Région et des services d'états régionaux et nationaux (ministère de la culture et DRAC, ARS...)   ;
  • des organismes et collectivités locales intéressés par l'EMA et prédisposés à organiser des formations d'adultes (Respire, Association pour le Développement des Centres de Loisirs, ville de Blois, ville de Lamotte-Beuvron...)

 

Pourtant, en matière d'éducation aux médias audiovisuels, les activités éducatives et la formation des professionnels de l'éducation demeurent pour l'instant beaucoup trop insuffisantes, à l'instar de la tendance nationale :

  • activités d'EMA souvent inexistantes ou pas assez fréquentes ;
  • offres et demandes de formations trop rares ;
  • formations trop courtes et incomplètes, en particulier pour les contenus techniques, pédagogiques et la compréhension des enjeux éducatifs ;
  • absence ou insuffisance fréquente d'un minimum d'équipement dans les établissements scolaires et éducatifs (1 PC dédié au montage et 2 caméscopes d'entrée de gamme suffisent à la majorité des activités souhaitables, il n'est pas nécessaire d'effectuer de gros investissements). Ce manque d'équipement adapté ne semble pas toujours être dû à des moyens financiers insuffisants, mais aussi à des choix plus ou moins volontaires et argumentés (notamment une gestion de matériel pouvant être considérée contraignante, le risque de vol et la crainte d'un équipement sous utilisé). L'absence d'intérêt face aux possibilités d'équipement gratuit en PC d'occasion sous Linux (possible localement avec l'association Solix) révèle également ce manque de volonté.

 

Les bonnes prédispositions du département pourraient favoriser un développement plus rapide des activités et des formations dans les prochaines années, sous réserve d'une coordination entre les différents organismes pédagogiques, services publics et collectivités locales.

 

Pour le temps scolaire, l'atelier Canopé 41 est une chance pour Blois et son arrondissement, mais  les  deux sous-préfectures (Romorantin et Vendôme) devraient avoir leur propre antenne, personnel et moyens techniques. Le réseau Canopé pourrait ainsi intervenir plus régulièrement sur tout le département et se rendre plus accessible à l'ensemble des enseignants et des établissements. Mais au contraire, depuis 2019, l'Etat souhaite modifier et réformer les missions et l'organisation du réseau, avec pour conséquence une réduction du nombre d'antennes au niveau national.

 

Les partenariats pédagogiques entre les organismes pourvoyeurs d'ateliers éducatifs et de formations restent pour l'instant assez limités. ADEIFvidéo a tenté des rapprochements surtout à partir de 2018. Depuis, nous avons eu quelques collaborations avec Ciclic, l'atelier Canopé 41 et surtout avec la Direction de la Lecture Publique de Loir-et-Cher.  Nous n'avons pas encore tenté de rapprochements et de propositions de collaboration avec le CLEMI (et inversement). Comme nous l'avons déjà fait pour certains d'entre eux, nous soumettrons à ces organismes et aux différents partenaires financiers des initiatives communes pour le développement des activités éducatives et de formation.

 

 

Ciclic

  éducation à l'image et au cinéma
  https://ciclic.fr/

Ciclic, l’agence régionale du Centre-Val de Loire pour le livre, l’image et la culture numérique, est un service public culturel né en 2012 de la fusion des organismes Centre images* et Livre au Centre et de la coopération entre la Région Centre-Val de Loire et l’État (Ministère de la Culture et de la communication). Basé à Château-Renault, c'est un établissement public de coopération culturelle (EPCC).

 * avant de devenir Centre images, l'organisme a eu pour nom l'Atelier de Production Centre Val de Loire (APCVL) de 1991 à 2006.  

Ciclic est l'organisme proposant le plus de formations relatives à l'EMA sur notre département. Ce sont des formations d'éducation à l'image, au cinéma, à la création vidéo et plus occasionnellement des formations aux médias d'information. Son site web, très riche, permet également de se former en ligne de façon autodidacte.

https://ciclic.fr/la-formation-des-professionnels-de-l-education

 

Pour les enseignants, chaque année

Chaque année sont proposées 2 journées de formation d'éducation au cinéma dans le cadre du dispositif lycéens et apprentis au cinéma. Une journée est consacrée aux longs métrages (octobre/novembre), une journée aux courts métrages (janvier). Ces journées ne sont pas inscrites au Plan Académique de Formation. Il s'agit de formations théoriques et pédagogiques.

 

Pour les professionnels de l'éducation en général, plus occasionnellement

Les formations Passeurs d'images (formations pédagogiques, techniques et pratiques).

En partenariat avec le réseau Culture du Cœur 37, Ciclic a proposé en 2016 une formation en direction de quinze éducateurs de l'Indre-et-Loire. Cette formation, intitulée "Le vrai, le faux !" a permis d'interroger ce qui fait nos croyances aux images face aux flux d'aujourd'hui ou comment décrypter l'information. Il s'agissait d’analyser les images complotistes et propagandistes qui envahissent la toile avec l’aide des outils de l’analyse filmique.

En décembre 2019, Ciclic a organisé 4 demi-journées d'éducation aux médias audiovisuels pour les animatrices et animateurs du service jeunesse de Blois. A la demande de Ciclic, l'animation de cette formation a été confiée à ADEIFvidéo.

Les formations de Ciclic sont animées par des intervenants extérieurs (comme par exemple le réalisateur/éducateur/formateur Benoit Labourdette pour Passeurs d'images).

 

 

L'Atelier Canopé 41 / Le CLEMI (Education Nationale)

  centre de ressources pédagogiques et de formation
  https://www.reseau-canope.fr/academie-dorleans-tours/atelier-canope-41-…

Placé sous la tutelle du ministère de l’Éducation Nationale, le réseau Canopé est un ensemble de centres de ressources, de formations, d'accompagnements et d'éditions pédagogiques. Le réseau édite des ressources pédagogiques transmédias (imprimé, web, mobile, TV), répondant aux besoins de la communauté éducative. Acteur majeur de la refondation de l’école, il conjugue innovation et pédagogie pour faire entrer l’École dans l’ère du numérique.

L'atelier Canopé 41 s'est spécialisé en audiovisuel, depuis au moins 20 ans, mais aussi plus récemment dans la réalisation d'émissions de radios scolaires et dans les escape games. L'atelier dispose de très bonnes compétences techniques et pédagogiques et d'un équipement matériel important. Selon les départements, les différentes antennes du réseau Canopé n'ont pas obligatoirement cette compétence.

Le référent audiovisuel, Stany Bomet, peut apporter son aide à l'animation d'activités éducatives dans les établissements scolaires et des formations individualisées auprès des enseignants (notamment en montage).  ADEIFvidéo a régulièrement bénéficié de ses conseils techniques, pédagogiques et dans le choix du matériel le plus adapté.

Le réseau Canopé et le CLEMI proposent un programme de formation à l'échelle académique et nationale. Destiné initialement au personnel de l'éducation nationale, le réseau Canopé 41 ouvre désormais ses services à l'ensemble des professionnels de l'éducation, qu'ils interviennent en temps scolaire, comme en temps libre.

Depuis quelques mois, le réseau serait menacé de réorganisation et de la suppression de 55 postes ETP par le Ministère de l'Education Nationale.  

 

Les formations du CLEMI dans l'académie Orléans-Tours

Les formations proposées pour l'année en cours

Les formations proposées ces dernières années

2017-2018

  • Le journalisme numérique
  • L'économie des médias
  • Open data et Openvisualisation
  • L'EMI un enjeu citoyen
  • Aux sources de l'information

2018-2019

  • Le journalisme numérique
  • Aux sources de l'information
  • La BD de reportage
  • Créer un média scolaire
  • Faire de la web radio en classe (niveau II)
  • Carte blanche à l'école publique de journalisme de Tours
  • Réaliser un reportage TV
  • Les images violentes d'actualité

 

ici, des explications intéressantes sur le développement de la formation en éducation aux médias dans l'académie, présentées par Karen Prévost-Sorbes, responsable académique du CLEMI (vidéo Dailymotion)

 

Les dispositifs du CLEMI, des opportunités à saisir davantage

Le CLEMI est un service du Réseau Canopé. Installé à Paris, il est chargé de l'éducation aux médias dans l'ensemble du système éducatif. Il propose différents dispositifs d'EMI aux établissements scolaires, comme par exemple "la semaine de la presse" (1), de la maternelle au lycée, ou le dispositif "Renvoyé spécial" pour les lycées (2). Nous présentons, page suivante, deux autres dispositifs, moins connus, mais pourtant intéressants.

(1) https://www.clemi.fr/fr/semaine-presse-medias.html
(2) https://www.clemi.fr/fr/evenements/operations-speciales/renvoye-special…

La multiplicité des dispositifs et des concours du CLEMI pourrait laisser croire que l'EMI est très développée en général en temps scolaire. En réalité, pour une même année scolaire, à l'échelle d'un département, et surtout en Loir-et-Cher (ce qu'il faudrait d'ailleurs pouvoir comprendre) le nombre de classes et donc d'élèves bénéficiaires est particulièrement faible. Il y a donc nécessité de mieux faire connaître et de valoriser ces dispositifs publics et d'encourager les enseignants à s'en saisir.

 

Les classes à PEM (Projet d'Education aux Médias)

https://www.ac-orleans-tours.fr/pedagogie_action_educative/dispositifs_…
(aller en fin de page pour les informations concernant l'EMI à l'échelle académique)

Initiées dans l'académie de Bordeaux, à titre expérimental, en septembre 2008, les classes à PEM sont devenues un dispositif officiel d'éducation aux médias et à l'Information (EMI) dans les collèges et lycées. Ce dispositif bénéficie d'un accompagnement du CLEMI académique, en termes de conseil, de formation et d'attribution de moyens et de crédits spécifiques. L'octroi de ces crédits se fait par un appel à projets.

En 2019-2020, 6 projets ont été retenus (sur 22 candidatures) pour l'académie Orléans-Tours : 2 dans le 36, 1 dans le 37, le 28, le 18, le 45, mais aucun dans le 41. Sur ces 6 projets : 4 sont des projets de radio ou web radio, 1 de web TV, 1 d'éducation aux médias en général. Deux modules de formation en présentiel sont proposés aux équipes pédagogiques des classes à PEM (Orléans). La première formation a eu lieu le jeudi 28 novembre 2019, à l'Inpsé - Antenne Saint-Jean, à Orléans. En raison des risques sanitaires liés au Covid-19, la formation prévue le mardi 17 mars 2020 a été annulée.

L'Education Nationale a pris un retard très important en matière d'EMI. Ce dispositif aurait du être créé et se généraliser dès le début des années 2000, voire plus tôt. Espérons à présent que le nombre de classes bénéficiaires se multiplient très rapidement.

Pour l'académie Orléans-Tours, ne retenir que 6 classes pour 2019/2020 met en évidence l'insuffisance de moyens accordés par l'Etat, mais aussi les fortes disparités selon les académies. Par exemple, pour l'année scolaire 2018-2019, l'académie de Nantes (1) aurait permis à 69 classes de bénéficier du dispositif, avec une répartition par département assez équilibrée. Par ailleurs, n'avoir sélectionné qu'un seul projet relevant spécifiquement de l'audiovisuel et de l'image, pour 4 sur la radio, interroge sur les priorités pédagogiques du dispositif.

(1) source : https://www.pedagogie.ac-nantes.fr/education-aux-medias-et-a-l-informat…

Une réponse adaptée aux besoins d'EMI réclamerait au minimum un projet retenu par établissement, donc plusieurs dizaines par département et par an, ce qui implique beaucoup plus de moyens et d'encouragement des enseignants. Les projets audiovisuels, beaucoup plus proches des usages médiatiques des jeunes, doivent être aussi beaucoup plus encouragés.

 

Les Médiatiks

https://www.clemi.fr/fr/mediatiks.html

Il s'agit d'un concours de médias scolaires en collèges et lycées. Ce concours nous semble également intéressant, mais le palmarès 2019 (1) montre à nouveau le peu de médias audiovisuels scolaires y participant.

A notre connaissance, les médias audiovisuels scolaires ont été rares depuis 20 ans, même suite au déploiement du web. Ce constat s'explique probablement par la complexité de telles initiatives pour les établissements, notamment sur le plan matériel, technique et financier. Le CLEMI semble aussi ne pas les avoir suffisamment encouragés, même si de récents encouragements sont parus sur le site web avec une fiche ArchiClasse pour accompagner les établissements dans la mise en place d’un studio médias WebTV.

Mais l'EMA ne nécessite pas obligatoirement la création d'un web TV avec studio et régie directe en multicaméra. La réalisation en vidéo d'un reportage ou d'un documentaire, moins contraignants sur le plan matériel, permet déjà de nombreux apprentissages sur l'information par l'image, le pouvoir de l'image, le pouvoir du montage et les techniques de la réalisation.

(1) https://view.genial.ly/5ca493b605667a18dcfc5695/vertical-infographic-li…

 

 

La Direction de la Lecture Publique du Loir-et-Cher

  service de prêt, de formation, d'animation et d'accompagnement auprès des médiathèques
  http://lecture41.culture41.fr/biblio/bib-pro/conseils-et-contacts/66-mi…

Cet organisme est un service du Conseil Départemental. Basé dans la ZUP de Blois, il accompagne un réseau de 129 bibliothèques du Loir-et-Cher. Dans le cadre du plan d'éducation aux médias du ministère de la Culture, il encourage le développement de l'éducation aux médias dans son réseau de bibliothèques, notamment avec des ateliers éducatifs enfance/jeunesse animés par ADEIFvidéo.

"En lien avec le plan bibliothèques « Ouvrir plus, ouvrir mieux », ce volet s’appuie sur le déploiement de volontaires en service civique, démarrant dans 5 territoires d’expérimentation à l’automne 2018, et sur le renforcement des formations des professionnels des bibliothèques. Les bibliothèques départementales et les réseaux de lecture publique, de par leurs missions et le rayonnement de leurs actions, ont vocation à faire évoluer leurs compétences dans le domaine de l’éducation aux médias et à l’information pour accompagner au mieux leurs publics dans la société de l’information."
Extrait du site web du ministère de la Culture
https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Developpement-culturel/Le…

Une journée de formation d'EMA pour bibliothécaires, animée par ADEIFvidéo, sera programmée pour  2021. Les formations d'EMI et EMA de la DLP sont animées par des intervenants extérieurs au réseau.

 

L'association MEDIAPTE

https://www.mediapte.fr/?pour-mieux-connaitre-APTE-140

Créée en 1986, MEDIAPTE (autrefois APTE, pour Audiovisuel Pour Tout dans l'Education) est un mouvement d’éducation spécialisé dans l'éducation à l'image, l'éducation aux médias, l'éducation à l'information, les usages de l'Internet... L'organisme assure la formation des acteurs de l'EMI (éducation aux médias et à l'information) et accompagne les parents sur le thème PARENTS-ENFANTS-ECRANS.

Basée à Poitiers, MEDIAPTE a une vocation nationale et a également participé à plusieurs actions européennes. Elle est l'une des très rares associations totalement dédiée à l'éducation aux médias et l'une des plus actives depuis plus de 35 ans. Pas assez connue sur notre département (elle n'y a pas animé de formation pour l'instant), il nous semble indispensable de la mentionner dans cet état des lieux comme l'une des principales opportunités de formation, soit individualisées (1), soit organisées et animées pour d'autres organismes ou des collectivités locales. Elle est l'association avec laquelle nous avons le plus de liens, celle avec laquelle nous échangeons le plus régulièrement et l'un des partenaires pédagogiques avec lesquels nous avons le plus collaboré depuis notre création.

(1) https://www.mediapte.fr/?formations-individualisees

 

D'autres associations hors Loir-et-Cher

 

D'autres associations d'éducation à l'image de la région Centre-Val de Loire ont déjà proposé occasionnellement des formations aux professionnels de l'éducation et pourraient sans doute potentiellement intervenir sur des projets communs de programmation :  Régie Môme (St Jean de Braye - 45), Bandits mages (Bourges - 18), Sans canal fixe (Tours - 37) et Cent Soleils (Orléans - 45).

 

 

Une formation pédagogique nécessaire

 

Selon nous, la formation à l'EMA peut s'effectuer de plus en plus de façon autodidacte, mais seulement en partie. De nombreux tutoriels, MOOC, livres et magazines le permettent, notamment pour les aspects techniques et créatifs, comme par exemple l'initiation à la prise de vues ou l'initiation au montage vidéo sur un logiciel précis, mais aussi pour comprendre l'évolution des médias, le rôle de la publicité dans leur financement, le mode de calcul des audiences, comment se fabrique un JT, etc. Les mises en pratique peuvent se faire de façon autonome. En revanche, pour se former de façon autodidacte à l'animation d'activités d'EMA créatives et ludiques auprès des enfants et des jeunes, les conseils pédagogiques (propositions d'activités, enjeux, méthodologie, moyens adaptés...) sont, à notre connaissance, beaucoup plus rares (peu de documents sur le web ou édités). Les documents existants et les plus diffusés sont surtout adaptés au temps scolaire et beaucoup moins au temps libre (animations en accueil éducatif notamment). Pourtant, une large diffusion, claire et concise, des enjeux éducatifs de l'EMA en temps libre, de suggestions d'activités et de méthodes favoriseraient sans doute le développement des pratiques et surtout des plus souhaitables.  

 

Suivre une formation collective à l'EMA en présentiel auprès d'un organisme réunissant les compétences requises est probablement la meilleure façon d'acquérir rapidement les connaissances et compétences nécessaires. Les exercices pratiques collectifs permettent, par le vécu, par les réflexions, par la dynamique de groupe et les échanges, de mieux comprendre l'intérêt, la valeur ludique et éducative, mais aussi leurs contraintes, leurs difficultés et les méthodes d'animation qu'elles réclament pour leur réussite. Expérimenter collectivement, entre professionnel(le)s de l'éducation, les activités susceptibles d'être reproduites avec les publics enfance/jeunesse que l'on encadre est une situation de formation particulièrement cohérente, motivante et riche. Pour savoir animer avec efficacité des activités d'EMA, l'expérience prévaut sur la théorie.

 

Sur la 1ère et 2ème circonscription du Loir-et-Cher, à notre connaissance, il y a très peu d'activités proposées pour les enfants et les jeunes relevant plus ou moins de l'EMA (ateliers initiatiques, jeux éducatifs, réalisation de reportages et de JT, émission de plateau en régie directe) et permettant le minimum d'apprentissages indispensables. Les rares activités existantes sont souvent à l'initiative des mêmes organismes ou collectivités (par exemple le service jeunesse de Blois). Elles reposent assez souvent sur des intervenants extérieurs, dont les tarifs n'encouragent pas des interventions trop fréquentes.

 

Pour les établissements et les collectivités, la volonté d'avoir au sein de leur personnel éducatif une ou deux personnes spécialisées et autonomes en EMA n'est pas assez répandue. Les quelques occasions de participer à des formations collectives ne sont pas assez saisies par les professionnels de l'éducation et leurs employeurs prennent trop rarement l'initiative d'organiser des formations dans leur établissement ou leur service. En conséquence, selon les informations dont nous disposons, les bonnes pratiques sont beaucoup trop rares et se développe trop lentement, alors que l'importance des besoins et des enjeux ne cessent de grandir. Mais ce constat mérite des vérifications, certaines activités de qualité peuvent exister, mais ne pas bénéficier de la valorisation et de la visibilité qu'elles mériteraient. La manifestation Fondus d'écrans organisée en 2018 par le service municipal jeunesse de Blois a notamment cet objectif de repérer les bonnes pratiques existantes sur le Loir-et-Cher et de les faire connaître. Une seconde édition de cet important évènement éducatif, prévue initialement pour 2020, est pour l'instant reportée (pandémie).

 

 

Pratiques éducatives locales : de nombreuses difficultés repérées

 

Il s'agit toujours ici des pratiques en temps scolaire comme en temps libre. Rappelons que nos observations ne donnent qu'une idée partielle des réalités des pratiques sur le Loir-et-Cher, nous ne les connaissons bien entendu pas toutes. Les difficultés que nous avons pu le plus souvent observées, que ce soit le manque de matériel adapté ou dans le choix des activités, sont surtout pour l'essentiel imputables à une absence ou une insuffisance de formation préalable des personnels éducatifs.

 

Le manque de matériel adapté

Nous avons observé à plusieurs reprises :

  • des établissements particulièrement sous équipés ;
  • des personnels éducatifs ayant beaucoup de difficultés à convaincre leurs responsables/employeurs d'investir dans un équipement technique adapté ;
  • parfois des erreurs dans le choix du matériel. Par exemple, choisir de se contenter du logiciel Window Movie Maker pour entreprendre le montage d'un projet assez complexe engendra de ce fait plusieurs problèmes : perte de temps due au principe d'utilisation lent et peu intuitif du logiciel, une unique piste audio, un logiciel pas assez complet, une interface pas assez adaptée à un temps d'initiation et de réalisation collectif, bugs, plantages et autres problèmes techniques, etc. Autant de contrariétés n'incitant pas finalement à entreprendre d'autres activités d'EMA. Mieux vaut choisir d'autres logiciels gratuits plus adaptés voire même de préférence, investir quelques dizaines d'euros.

 

Le choix des activités

Nous avons observé auprès de plusieurs personnels éducatifs, notamment lors de nos formations :

> une focalisation sur les projets de réalisation de fictions, au détriment de l'information, du reportage, du documentaire ou de formes plus hybrides.

> des projets de réalisation de fiction relevant plus de l'initiation théâtrale que de l'EMA, la participation des jeunes étant centrée très essentiellement sur la mise en scène et l'interprétation de personnages et très peu sur l'organisation technique des tournages, les choix et l'exécution des prises de vues, du découpage technique, du montage, du mixage, etc.

> des projets où les encadrants font beaucoup trop à la place des enfants et des jeunes (idées, choix des prises de vue, montage), alors trop dirigés, parfois au risque de ne pas comprendre suffisamment les processus créatifs et techniques en cours.

> des projets de réalisation pour lesquels les enfants ou les jeunes ne font pas assez de montage, voire pas du tout. Or, le montage est l'une des activités les plus importantes et efficaces pour l'EMA : https://www.adeifvideo.fr/drupal-8/node/275

> plus rarement, des projets de réalisation ambitieux, mais...

  • pour lesquels leurs participant(e)s n'ont pas été suffisamment préparés : absence d'initiation préalable aux bases techniques ou initiation insuffisante ; absence d'une démarche progressive (commencer d'abord par des projets courts et simples pour ensuite s'aventurer vers des projets plus complexes et plus longs) ;
  • des projets pas assez adaptés aux centres d'intérêts, aux besoins et disponibilité de ses participant(e)s ;
  • des projets risquant d'être contre-productifs, car difficiles, frustrants, stressants et rédhibitoires autant pour l'équipe d'encadrement que pour ses participant-e-s (problèmes d'organisation, problèmes techniques, résultats décevants, abandons, manque de motivation des enfants et des jeunes...).