Bilan qualitatif

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Résultats : apprentissages, acquisitions et autres objectifs

Evaluation pédagogique

Conséquences de nos formations sur le développement de l'EMA au niveau local

 

 

 

Cette rubrique est susceptible d'être complétée et améliorée. Elle réclame encore davantage de recul, de nouveaux temps de réflexion au sein de notre association et de recueillir des avis qualitatifs complémentaires auprès des personnes ayant bénéficié de nos formations. Un bilan collectif est systématiquement réalisé, à chaud, en fin de chaque session. Mais avec le recul, les participant-e-s ont peut-être des avis plus précis et plus nuancés à apporter, notamment pour celles et ceux ayant entrepris des activités d'EMA par la suite. Nous tenterons de recontacter au moins les bénéficiaires de nos plus récentes sessions, pour les informer de ce bilan général et les interroger à nouveau sur leurs attentes d'apports pédagogiques et techniques, soit à reproduire, soit à améliorer, soit à compléter.

 

ADEIFvidéo ne s'est pas donnée de moyens particuliers permettant l'évaluation des connaissances théoriques, techniques et pédagogiques acquises par nos seules formations. Il en est de même quant à l'évaluation des motivations acquises pour des pratiques d'EMA, qui plus est celles conseillées et de façon régulière. Pour l'instant, ces évaluations ont reposé essentiellement sur nos observations et nos présupposés. Une grille d'auto-évaluation, plutôt de type QCM, avec les limites d'objectivité qu'elle représente, pourrait être utilisée à la fin de nos prochaines sessions.

 

Résultats : apprentissages, acquisitions et autres objectifs

 

Les objectifs les mieux atteints, a priori

Les acquisitions de connaissances et de compétences, par ordre décroissant du plus certain au plus hypothétique :

  • techniques de prises de vues vidéo
  • différentes activités d'EMA envisageables en accueil éducatif
  • technique de réalisation audiovisuelle, en particulier la réalisation en tourné-monté (notion de plan, de raccords de plan...)
  • bases du montage (notamment les différents éléments créatifs et signifiants : images animées et fixes, musiques, textes, bruitages, effets, couleurs, rythme...
  • principes généraux d'utilisation d'un logiciel de montage
  • bases de l'analyse technique (analyse de séquences plan par plan)
  • pouvoirs de l'association images filmées et musiques (production de sens, production d'émotions, associations redondantes, harmonieuses, discordantes, etc.)
  • l'équipement matériel le mieux adapté à des activités éducatives collectives (notamment préférence du caméscope au smartphone et choix du logiciel de montage)
  • échanges sur les médias de masse avec un public d'enfants et de jeunes (les différents types de médias : presse, cinéma, radio, tv, jeux vidéo, web, réseaux sociaux, chronologie de leur apparition, questionnements, rôles, influences, etc. )
  • caractère "construit", subjectif et artificiel de l'image (orientation du regard, choix d'un cadrage pour servir un propos, une idée, une intention, pour produire une réaction, une émotion ... )

 

Les résultats les moins satisfaisants, a priori

Selon les informations dont nous disposons, nos formations n'arriveraient pas suffisamment à convaincre, nombreux de leurs participantes et participants, d'observer certains principes pédagogiques importants :

 

  • la nécessité de proposer et d'animer eux-même, de façon régulière, des activités d'EMA ;

 

  • ne pas avoir donc trop souvent recours à des intervenants spécialisés pour leurs activités, leur coût d'intervention pouvant représenter un frein à la programmation fréquente d'activités d'EMA pour la plupart des établissements. Par ailleurs, l'idée que les activités d'EMA nécessitent l'intervention de spécialistes n'encourage pas les professionnels de l'éducation à se former (en formation collective auprès d'un organisme, ou auprès des référents vidéo de l'établissement, ou de façon plus autodidacte) ;

 

  • la nécessité d'animer suffisamment de séances d'initiation technique avant d'entreprendre un projet de réalisation ;

 

 

  • ne pas entreprendre trop tôt des projets de réalisation complexes tant que leurs publics n'y sont pas suffisamment préparés sur un plan technique et de la motivation. Certaines personnes formées peuvent souvent considérer que les activités d'EMA réclament trop de compétences techniques mais, paradoxalement, elles ne veulent se résoudre à opter pour les activités les plus simples, les plus modestes et ne nécessitant, si besoin, que d'une seule séance (très courtes réalisations en tourné-monté, initiation aux trucages, initiation aux bases du montage, une interview plus ou moins improvisée/préparée, etc) ;

 

  • la nécessité de se doter d'outils pédagogiques facilitant les initiations (jeux éducatifs, tutos sur des techniques de réalisation ou journalistiques, séquences intéressantes à analyser, vidéos de coulisses d'un JT, exemples de réalisations réussies, etc.) ;

 

  • ne pas réduire les enjeux de l'EMA au seul besoin de développement du sens critique, notamment face aux risques de manipulations, mais de s'approprier la vidéo comme un moyen courant d'expression et de création de différentes formes (information, réflexion, prévention, fiction, valorisation de pratiques artistiques, etc.) et un puissant moyen d'animation socioculturelle en général.

 

Les objectifs que nous n'avons pas pour l'instant suffisamment évalués et pour lesquels beaucoup de doutes subsistes

  • un niveau suffisant de compréhension et d'assimilation des enjeux éducatifs
  • un niveau suffisant de compréhension et d'assimilation des pédagogies suggérées (méthodes d'animation) et l'intérêt à leur égard
  • le renforcement de la motivation et de l'intérêt pour la mise en œuvre d'activités d'EMA

Ces résultats méritent donc davantage de vérifications. Pour cela, un suivi plus systématique des personnes formées serait nécessaire, notamment pour savoir si elles entreprennent des activités et lesquelles. Nous tenterons d'effectuer davantage ce suivi, ce qui représentera pour notre association un temps de travail non négligeable.

 

    Avis recueillis auprès des destinataires

    Les remarques, suggestions de compléments et d'améliorations spontanément exprimés ont été plutôt rares. Nous ne les avons pas toutes notées, notamment celles de nos premières formations des années 2000, mais il nous semble retenir deux tendances :

    • attente de plus de temps d'échanges/débats entre participant-e-s sur les enjeux de l'EMA ;
    • attente de plus d'activités de réalisation audiovisuelle collective ;

    Les participant-es et les organisateurs/trices de formation ont été généralement satisfaits à très satisfaits, surtout pour les contenus suivants :

    • l'initiation à la réalisation au tourné-monté
    • nos jeux éducatifs depuis un logiciel de montage
    • l'initiation au montage sur iMovie
    • les séances d'analyse filmique

     

     

    Evaluation pédagogique

     

    > Nos contenus, nos méthodes et nous outils de formation sont en continuelle amélioration. Ils résultent d'un travail motivé, sérieux et volontaire.

    > Une formation plus complète, au moins d'une durée équivalente à 3 journées, et suivie par beaucoup plus de professionnel-le-s de l'éducation représente sans doute le premier levier pour que l'EMA se développe beaucoup plus vite. Elle permettrait de sensibiliser davantage aux enjeux éducatifs et de mieux convaincre d'entreprendre régulièrement des activités de qualité.

    > Nous manquons d'avis de praticiens réguliers et spécialistes reconnus de l'EMA à l'égard de nos formations (intervenant-e-s professionnel-le-s, universitaires, spécialistes de la pédagogie...). Ce bilan a notamment pour but d'en recueillir davantage, en faisant mieux connaître notre travail, et susciter des réactions et des échanges.

     

    Evaluation des contenus

    > La priorité est donnée à l'acquisition de techniques d'animation d'activités. De par la durée trop courte des formations, le travail sur la compréhension et l'assimilation des enjeux éducatifs est insuffisant.

    > Nos contenus nous semblent adaptés aux besoins de formation. Les activités suggérées sont réalistes quant à la capacité des participant-e-s à les animer. Elles reposent presque toujours sur nos propres expériences et compétences éducatives.

    > Toutefois, la mise en œuvre des activités suggérées auprès des enfants et des jeunes implique un certain niveau de motivation de la part des adultes encadrants. Or, cette motivation n'est souvent pas assez acquise à l'issue de nos formations et plusieurs contraintes entraves les initiatives * dont notamment le manque d'équipement matériel adapté. A notre avis, des professionnels convaincus et déterminés devraient pouvoir lever ces obstacles. Cela nécessite notamment qu'ils soient capables d'apporter les meilleurs arguments auprès de leurs employeurs, donc de disposer d'une bonne connaissance des enjeux éducatifs et de pouvoir proposer des solutions pour la gestion du matériel (possiblement dissuasive pour les employeurs).

    *voir les freins et les obstacles au développement de l'EMA, selon ADEIFvidéo : https://www.adeifvideo.fr/drupal-8/node/264

    > La tentative de formation au logiciel libre de montage Kdenlive (une seule demi-journée), en partie ratée de notre part, nécessitait une meilleure préparation, nous en assumons l'entière responsabilité. Ce loupé a toutefois fait l'objet d'une seconde demi-journée de formation réussie mais à laquelle seule une personne a participé (une employée du BIJ, également coordinatrice des Promeneurs du Net du 41).

     

    Evaluation de nos méthodes de formation

    > Nos méthodes de formation nous semblent donc adaptées et de plus en plus performantes, mais beaucoup d'améliorations sont encore nécessaires et possibles, notamment :

    • par une meilleure prise en compte des représentations des destinataires : leurs représentations de l'éducation, de l'EMA, des médias de masse, du rapport des enfants et des jeunes aux médias, etc ;
    • par davantage d'échanges et de conseils entre partenaires pédagogiques proposant des activités d'EMA ;
    • par la poursuite de nos expérimentations  ;
    • par la création d'outils pédagogiques complémentaires et l'amélioration de ceux existants (1) ;
    • par le suivi des stagiaires et une meilleure connaissances de leurs pratiques.

    (1) Il nous faut, entre autres, fabriquer davantage de fiches et guides, comme ceux que nous avons déjà créés et téléchargeables depuis notre site web, pour les activités de réalisation en tourné-monté, pour le Musicorama et pour le réalisation de JT en centre de loisirs. Des fiches complètes pourraient notamment être créées sur l'organisation et l'animation d'une initiation ludique et efficace à la prise de vues et l'analyse filmiques. Ce type de documents, également fabriqués par différents organismes plus ou moins spécialisés en EMA, sont diffusés sur le web ou dans des brochures, mais ils sont souvent soit trop sommaires, soit très essentiellement adaptées à des activités scolaires, pas assez ludiques et donc rarement adaptées au temps libre.

     

    Evaluation des conditions de formation

    Nos formations ont été réalisées dans des conditions à peu près semblables, il n'est donc pas nécessaire de présenter une évaluation pour chaque établissement organisateur. Il s'agit surtout ici de pointer les principales tendances et les aspects à améliorer.

    (1) voir tableau évaluation des types d'organisation et de financement

     

    Récapitulatif des 4 principales améliorations à apporter aux conditions de formation :

    • des formations animées par un binôme
    • au minimum 6 participant-e-s par journée
    • des formations de 3 journées complètes minimum (20 heures d'activités minimum)
    • présence du ou de la responsable de l'établissement organisateur (ou coordonateur/trice)

     

    Quel nombre idéal de participant-e-s ?

    Pour les exercices de réalisation, il est préférable de constituer des groupes de 3 personnes : un binôme est insuffisant pour les éventuelles mises en scène, un groupe de 4 entraîne moins de manipulations de la caméra pour chaque personne (elles doivent être réparties de façon égales). 9 participants répartis en 3 groupes de 3 nous paraît être l'effectif idéal, voire 12 participants en 4 groupes de 3, mais la durée totale consacrée aux visionnages et analyses devient alors trop longue.

     

     

    Conséquences de nos formations sur le développement de l'EMA au niveau local

    Développement des pratiques repérées plus ou moins liées à nos formations

    Faute de pouvoir suivre l'ensemble de nos stagiaires, nous n'avons qu'une connaissance partielle de l'impact de nos formations sur les pratiques. Nous avons pu observer toutefois :

    • des initiatives de la part de participant-e-s : la semaine de l'EMA "Fondu d'écrans" , en novembre 2018, initié par le service jeunesse de Blois, avec notamment une rencontre de professionnel-le-s impliqués dans l'EMA et de probables nouvelles éditions de la manifestation ces prochaines années ;
    • des ateliers EMA pour des écoles primaires de la ZUP de Blois proposés et animés conjointement par le service jeunesse de Blois et ADEIFvidéo ;
    • 2 Média J' Space pour le service jeunesse de Blois ;
    • 1 atelier vidéo autour de la technique du tourné-monté organisé et animé par Anthony Boulongue  du service jeunesse de Romorantin ;
    • davantage d'activités de réalisation en tourné-monté au sein du service jeunesse de Blois et de l'organisme Respire ;
    • un atelier trucage ADEIFvidéo au centre de loisirs de Lamotte-Beuvron ; le centre a ensuite organisé un nouvel atelier avec l'association Régie Mômes et a plus généralement augmenté ces activités vidéo créatives.

    Autre avancées pédagogiques repérées, plus ou moins liées à nos formations :

    • rapprochement entre partenaires pédagogiques investis sur les thématiques d'éducation à l'image et d'EMA (Canopé / service Jeunesse de Blois / Ciclic / ADEIFvidéo) ;
    • des achats de matériel réalisés avec nos conseils (villes de Blois, de Lamotte-Beuvron, Lycée Claude de France, organisme Respire, centre de loisirs et ville de Romorantin...) ;
    • les formations étant des occasions de regrouper plusieurs professionnels de l'éducation, elles favorisent beaucoup plus les rencontres multiples et les échanges qu'à l'occasion de nos prestations éducatives : échanges sur leurs éventuelles expériences en EMA, sur les conditions de travail, les moyens, les motivations,  leurs centres d'intérêt, leur rapport aux médias, leurs motivations pour l'EMA... Ces échanges apportent à ADEIFvidéo une meilleure connaissance du terrain, des contraintes et des atouts de certains établissements, etc.

    Avancées pour le développement de nos formations :

    • des expérimentations riches en enseignements et faisant progresser nos méthodes ;
    • des outils pédagogiques créés en fonction des attentes et opportunités ;
    • des problématiques et contraintes de formation mieux identifiées ;
    • de meilleures connaissances des activités d'EMA existantes ;
    • une meilleure identification des professions les plus adaptées à la mise en œuvre d'activités d'EMA.